La psychanalyse peut-elle dire quelque chose du politique ? par Marie-Jean Sauret

 Corrigeons la question : remettons politique au féminin pour rompre avec la division entre “ le ” politique, un art noble, et “ la ” politique, une pratique qui serait toujours suspecte.

Le psychanalyste croit-il aux fantômes?

Freud a dit quelque part qu'il ne pensait pas que la plupart des psychanalyses aillent si loin qu'elles amènent les analys(ants)és à modifier leurs croyances ou leur incroyance religieuse.

C’est quoi au juste le transfert?

Partons donc d’un constat, celui de la prématurité constitutive de l’être humain.

Est-il normal que je m’attache à mon psychanalyste ?

Qu’est-ce que le transfert ? Est-il normal que je m’attache à mon psychanalyste ? Tombe-t-on amoureux de son psychanalyste ?

Il est tout à fait normal de s’attacher et même de tomber amoureux du psychanalyste. La situation analytique est une situation particulière, en dehors du contexte social habituel. C’est une situation permettant d’accéder au plus intime de soi même et à sa vérité profonde. La personne analyste, détournée du champ du regard, puisque derrière le divan, va pouvoir être investie d’affects, d’affection, comme un proche, ou un parent de la petite enfance. L’analyse va pouvoir alors se dérouler.

Celui qui va chez un psychanalyste, c’est un patient, un analysé, un analysant ?

Question qui n’est pas sans importance, si l’on considère que les mots font la réalité, donnent forme et existence aux choses !

Le mot patient signifie en latin « celui qui pâtit, celui qui souffre », et s’inscrit dans le registre médical. On est dans le soin, et le médecin va donc soulager son patient des maux qui le font souffrir. Nous sommes dans un discours médical, le médecin est l’agent du soin et le patient l’objet des dits-soins. Les fameuses plaintes des médecins sur la non-compliance des patients illustrent suffisamment cette relation où l’un est l’objet (de soin, certes, mais objet quand même) de l’autre.

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