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Belgique | Touche pas à ma conduite, écoute d'abord ce qu'elle tait

Appel des praticiens de l’écoute - Meeting à Bruxelles le 14 juin 2008 contre la bio-domestication de l’humain
 
  • Trouble de la conduite: un diagnostic troublant qui fait l’amalgame entre maladie psychique et comportement déviant
  • Les impasses d’une hyper-médication de la souffrance psychique chez l’enfant
  • Les dérives d’un dépistage précoce de la délinquance
  • Non à l’homme machine et au tout quantifiable.
Une recherche vient d’être lancée au Conseil Supérieur de la Santé sur le dit diagnostic de «troubles de la conduite». Nous souhaitons y contribuer en alertant l’opinion éclairée des dérives qu’une telle notion risque de produire dans les champs éducatifs et psycho-médico-social, dans la culture et tout simplement dans la société en général. C’est pourquoi nous organisons un meeting qui rassemblera professionnels du secteur et acteurs de la vie publique, intellectuels, artistes, politiques, universitaires, enseignants. Il concerne tout citoyen interpellé par l’hyper-médication de l’enfance, la mise sous séquestre de la souffrance psychique et plus largement par le contrôle du plus intime de l’humain. Le réductionisme, en réduisant la psyché à une série de catégories observables et évaluables fait l’impasse sur la complexité de l’être parlant.

Norme psychiatrique en vue - Entretien avec Roland Gori

Roland Gori s'entretien avec Cécile Prieur pour Le Monde (4 mai 2008)
 
Dépistage des troubles du comportement, plus de coaching, moins de soins : Roland Gori, psychanalyste et professeur de psychopathologie, décrypte l'évolution probable de la santé mentale
 
On parle de plus en plus de " santé mentale ", de moins en moins de " psychiatrie ". Où nous mènera, demain, cette tendance ?
Nous sommes entrés dans l'ère d'une psychiatrie postmoderne, qui veut allouer, sous le terme de " santé mentale ", une dimension médicale et scientifique à la psychiatrie. Jusqu'à présent, cette discipline s'intéressait à la souffrance psychique des individus, avec le souci d'une description fine de leurs symptômes, au cas par cas. Depuis l'avènement du concept de santé mentale, émerge une conception épidémiologique de la psychiatrie, centrée sur le dépistage le plus étendu possible des anomalies de comportement. Dès lors, il n'est plus besoin de s'interroger sur les conditions tragiques de l'existence, sur l'angoisse, la culpabilité, la honte ou la faute ; il suffit de prendre les choses au ras du comportement des individus et de tenter de les réadapter si besoin.

Le Roi nous dit qu'il n'est pas nécessaire d'être un héros ou un saint pour tenir sa place - Entretien avec Vincent Magos

Emmanuelle Jowa s'entretient avec Vincent Magos pour Paris Match (10-04-2008)

[Contexte : " La fille présumée du Roi Albert II raconte son passé et ses souffrances dans un livre choc"]

Que connaissez-vous du "cas" Delphine Boël ?

Pas grand chose et, il faut vous dire d'emblée que le terme de « cas » pose bien la question. C'est un terme que les psychanalystes n'utilisent jamais, notamment car il n'y a pas moyen de réduire la complexité d'une personne à un cas. De même l'histoire d'une personne, Delphine Boël ici, ne permet pas de dégager des considérations qui seraient valables pour quelqu'un d'autre.

La démocratie, cet ersatz de religion - Entretien avec Pierre Legendre

Comment faire entendre que la communication mutile la parole ? Pierre Legendre s'entretient avec Alain Rubens

Historien du droit, philosophe et psychanalyste, Pierre Legendre donne à voir dans son film Dominium Mundi, un aspect ignoré de la globalisation, le management en tant que croyance. Entretien avec l'auteur sur quatre jours. A méditer.
Pierre Legendre est un intellectuel rare et qui s'exprime peu dans les médias. Il poursuit depuis quarante ans une grande œuvre anthropologique sur l'homme occidental à travers laquelle il dénonce l'imposture intellectuelle constituée par bien des théories impuissantes à expliquer le monde. La plupart des médias l'ignorent, considérant la densité de son propos incompréhensible pour le grand public. Pourtant, il est parfaitement intelligible. Marianne2.fr publie de lundi 24 à jeudi 27 décembre, une longue interview commandée puis refusée par un magazine grand public. Source: via Paris4Philo

« La logique du capitalisme conduit à la limitation des libertés » Entretien avec Slavoj Zizek

Slavoj Zizek s’entretient avec Rosa Moussaoui pour l’Humanité (4 janvier 2006) via Contreinfo.info

« Voilà le futur : non pas une dictature directe, mais un changement de règles où l’état d’exception va coïncider avec l’état normal. Parallèlement à cela, la moindre intervention forte dans l’économie est désormais perçue comme irrationnelle, catastrophique. Il y a comme un pacte selon lequel l’économie aurait ses propres règles dépolitisées, le débat « démocratique » se limitant finalement aux questions culturelles. La tragédie réside précisément dans cette dépolitisation radicale de l’économie, conjuguée au glissement vers un état d’exception permanent. »

Mort de Jacques Schotte ou la pensée rebelle

Guy Duplat | La Libre Belgique |  20-09-2007

Psychiatre et psychanalyste, il était un des esprits les plus brillants des années 60 et 70.

Avec la mort, mardi à Gand, de Jacques Schotte, c'est une des pages les plus brillantes et les plus excitantes intellectuellement de ces dernières années qui se tourne. Jacques Schotte fut, dans les années 60 et 70, un extraordinaire stimulant de l'esprit, un agitateur d'idées, un enseignant hors pair à l'UCL qui passionnait ses auditoires en leur ouvrant, entre autres, les chemins de la psychanalyse, de Freud à Lacan et Szondi. Il pouvait tenir ses étudiants en haleine cinq heures d'affilée sans un moment de lassitude. Il brassait tant de concepts qu'il s'aidait d'incessants mouvements corporels comme pour les rassembler. Esprit anticonformiste, il était hiver comme été, en toutes circonstances, pieds nus dans des sandales.

Vie au travail: Les maillons les plus faibles ne tiennent pas le coup - Entretien avec Benjamin Sahler

Benjamin Sahler s'entretient avec Luc Peillon pour Libération ( 5 juin 2007)

Les suicides liés au travail augmentent-ils ?  
L'imbrication entre la vie personnelle et professionnelle est telle qu'il faut rester très prudent. Mais le travail reste le lieu d'une construction identitaire importante. Ce qui n'est plus contesté par personne, c'est qu'on assiste, depuis quelques années, à une montée des difficultés au travail, qu'on retrouve dans l'augmentation des arrêts de travail. On peut également faire l'hypothèse, dans la répétition de suicides sur un même établissement et sur une courte période de temps, d'un phénomène de «contagion», avec l'idée que l'on veut faire passer un message collectif. Il peut donc y avoir, dans ce cas, et au moins symboliquement, une signification en lien avec le travail.

 

Si petits et déjà si dangereux

Ce texte est paru dans Libération le 30 mai 2007

Après l'Inserm et Sarkozy, c'est au tour de la Fondation MGEN d'inquiéter avec son questionnaire sur «la santé physique et mentale» des élèves.

«C’est donner beaucoup trop d’importance à un blog que de dire qu’il pourrait être à l’origine d’un suicide» [ M Stora]

Deux adolescentes se sont défenestrées à Ajaccio. "Les parents d'élève mettent en cause le rôle d'Internet et des blogs" annonce Claire Chazal au début du journal de 20 h de TF1. Michael Stora s’entretient avec Alice Antheaume pour 20Minutes.fr ( 26-05-2007)

Les adolescents ont-ils changé depuis la création d’espaces virtuels, comme les blogs et les messageries instantanées?

Faisons attention. Les adolescents n’ont pas du tout changé depuis la création de ces espaces virtuels. Toutes ces nouvelles technologies ne font que révéler des problématiques qui ont toujours existé. Si le malaise des ados s’accroît, cela n’a rien à voir avec les nouvelles technologies, mais c'est plutôt dû, entre autres pistes, à une nouvelle forme de parentalité.

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy répondent à Pasde0deconduite

Le collectif Pasde0deconduite a interpellé dans une lettre ouverte les candidats à la présidentielle au sujet de la loi sur la prévention de la délinquance qui prévoit la levée du secret professionnel au profit des maires. Dans ce courrier du 20 mars 2007 nous demandions : « Si vous êtes élu(e), comment entendez-vous agir pour garantir aux familles les plus en difficulté une protection scrupuleuse de leur vie privée et favoriser de véritables actions de prévention auprès des enfants et des familles hors de toutes dérives sécuritaires et prédictives ? A cet effet abrogerez-vous les dispositions de la loi sur la prévention de la délinquance (article 8), qui portent atteinte au secret professionnel dans le domaine de l’accompagnement social et de la santé ? ».

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