Rencontre avec un psychanalyste

Norme psychiatrique en vue - Entretien avec Roland Gori

Roland Gori s'entretien avec Cécile Prieur pour Le Monde (4 mai 2008)
 
Dépistage des troubles du comportement, plus de coaching, moins de soins : Roland Gori, psychanalyste et professeur de psychopathologie, décrypte l'évolution probable de la santé mentale
 
On parle de plus en plus de " santé mentale ", de moins en moins de " psychiatrie ". Où nous mènera, demain, cette tendance ?
Nous sommes entrés dans l'ère d'une psychiatrie postmoderne, qui veut allouer, sous le terme de " santé mentale ", une dimension médicale et scientifique à la psychiatrie. Jusqu'à présent, cette discipline s'intéressait à la souffrance psychique des individus, avec le souci d'une description fine de leurs symptômes, au cas par cas. Depuis l'avènement du concept de santé mentale, émerge une conception épidémiologique de la psychiatrie, centrée sur le dépistage le plus étendu possible des anomalies de comportement. Dès lors, il n'est plus besoin de s'interroger sur les conditions tragiques de l'existence, sur l'angoisse, la culpabilité, la honte ou la faute ; il suffit de prendre les choses au ras du comportement des individus et de tenter de les réadapter si besoin.

Le Roi nous dit qu'il n'est pas nécessaire d'être un héros ou un saint pour tenir sa place - Entretien avec Vincent Magos

Emmanuelle Jowa s'entretient avec Vincent Magos pour Paris Match (10-04-2008)

[Contexte : " La fille présumée du Roi Albert II raconte son passé et ses souffrances dans un livre choc"]

Que connaissez-vous du "cas" Delphine Boël ?

Pas grand chose et, il faut vous dire d'emblée que le terme de « cas » pose bien la question. C'est un terme que les psychanalystes n'utilisent jamais, notamment car il n'y a pas moyen de réduire la complexité d'une personne à un cas. De même l'histoire d'une personne, Delphine Boël ici, ne permet pas de dégager des considérations qui seraient valables pour quelqu'un d'autre.

La démocratie, cet ersatz de religion - Entretien avec Pierre Legendre

Comment faire entendre que la communication mutile la parole ? Pierre Legendre s'entretient avec Alain Rubens

Historien du droit, philosophe et psychanalyste, Pierre Legendre donne à voir dans son film Dominium Mundi, un aspect ignoré de la globalisation, le management en tant que croyance. Entretien avec l'auteur sur quatre jours. A méditer.
Pierre Legendre est un intellectuel rare et qui s'exprime peu dans les médias. Il poursuit depuis quarante ans une grande œuvre anthropologique sur l'homme occidental à travers laquelle il dénonce l'imposture intellectuelle constituée par bien des théories impuissantes à expliquer le monde. La plupart des médias l'ignorent, considérant la densité de son propos incompréhensible pour le grand public. Pourtant, il est parfaitement intelligible. Marianne2.fr publie de lundi 24 à jeudi 27 décembre, une longue interview commandée puis refusée par un magazine grand public. Source: via Paris4Philo

« La logique du capitalisme conduit à la limitation des libertés » Entretien avec Slavoj Zizek

Slavoj Zizek s’entretient avec Rosa Moussaoui pour l’Humanité (4 janvier 2006) via Contreinfo.info

« Voilà le futur : non pas une dictature directe, mais un changement de règles où l’état d’exception va coïncider avec l’état normal. Parallèlement à cela, la moindre intervention forte dans l’économie est désormais perçue comme irrationnelle, catastrophique. Il y a comme un pacte selon lequel l’économie aurait ses propres règles dépolitisées, le débat « démocratique » se limitant finalement aux questions culturelles. La tragédie réside précisément dans cette dépolitisation radicale de l’économie, conjuguée au glissement vers un état d’exception permanent. »

Sexualité infantile, Oedipe, crime sexuel - Entretien avec Jean Laplanche

Extraits d’un entretien de Jean Laplanche avec Alberto Luchettti (Lanzarote, juillet 2006) le texte complet est disponible en format pdf

AL : Vous disiez que la «situation anthropologique fondamentale» [NDLR : la confrontation, lors des soins précoces, entre un adulte doté d’un inconscient sexuel refoulé et un enfant qui en est encore dépourvu] met l’enfant en situation d’avoir quelque chose à traduire, mais qu’elle expose aussi l’adulte à sa propre sexualité infantile.

JL : Oui, bien sûr. L’adulte lui-même est ignorant de la sexualité infantile qu’il véhicule. Tout au moins dans les cas mineurs, dans les cas normaux ou névrotiques. Je ne parle pas des cas psychotiques, pervers, où la sexualité infantile fait explosion dans le comportement, ce qui est un tout un autre cas.

AL : Un autre souci contemporain trouve place dans vos écrits : celui du crime sexuel et aussi de l’inceste. Vous avez dit : dès le moment où l’on soutient que la sexualité infantile n’est pas innée, mais qu’elle surgit - comme le fantasme - au sein d’un dialogue adulte-enfant, dans lequel l’initiative sexuelle vient de l’adulte, alors on est amené à revoir complètement la perspective du crime sexuel.

Vie au travail: Les maillons les plus faibles ne tiennent pas le coup - Entretien avec Benjamin Sahler

Benjamin Sahler s'entretient avec Luc Peillon pour Libération ( 5 juin 2007)

Les suicides liés au travail augmentent-ils ?  
L'imbrication entre la vie personnelle et professionnelle est telle qu'il faut rester très prudent. Mais le travail reste le lieu d'une construction identitaire importante. Ce qui n'est plus contesté par personne, c'est qu'on assiste, depuis quelques années, à une montée des difficultés au travail, qu'on retrouve dans l'augmentation des arrêts de travail. On peut également faire l'hypothèse, dans la répétition de suicides sur un même établissement et sur une courte période de temps, d'un phénomène de «contagion», avec l'idée que l'on veut faire passer un message collectif. Il peut donc y avoir, dans ce cas, et au moins symboliquement, une signification en lien avec le travail.

 

«C’est donner beaucoup trop d’importance à un blog que de dire qu’il pourrait être à l’origine d’un suicide» [ M Stora]

Deux adolescentes se sont défenestrées à Ajaccio. "Les parents d'élève mettent en cause le rôle d'Internet et des blogs" annonce Claire Chazal au début du journal de 20 h de TF1. Michael Stora s’entretient avec Alice Antheaume pour 20Minutes.fr ( 26-05-2007)

Les adolescents ont-ils changé depuis la création d’espaces virtuels, comme les blogs et les messageries instantanées?

Faisons attention. Les adolescents n’ont pas du tout changé depuis la création de ces espaces virtuels. Toutes ces nouvelles technologies ne font que révéler des problématiques qui ont toujours existé. Si le malaise des ados s’accroît, cela n’a rien à voir avec les nouvelles technologies, mais c'est plutôt dû, entre autres pistes, à une nouvelle forme de parentalité.

Pour Hannah Arendt, «l'opinion» est la seule riposte à la violence [Rencontre avec Julia Kristeva]

Annette Levy-Willard s'entretient avec Julia Kristeva pour Libération (28-04-2007)

Philosophe, écrivain, psychanalyste, vous venez de recevoir le prix Hannah Arendt pour la pensée politique. Vous vous êtes croisées ?
J'ai l'impression qu'Hannah Arendt m'accompagne depuis toujours. Depuis que je me suis intéressée à la philosophie, à la politique, aux femmes. C'est une longue histoire. Mais je la voyais comme une compagne de vie sans penser que j'allais un jour écrire sur elle. Elle aimait citer le poème de Schiller «Une fille qui vient d'ailleurs» parce qu'elle disait qu'elle était une fille venue d'ailleurs, comme moi, avec mes origines balkaniques, ce mélange de judaïsme et de christianisme. Je comprends ses traversées des frontières, des pays, des disciplines, des identités. Ce cosmopolitisme. Hannah Arendt ne se reconnaissait dans aucune communauté, mais elle n'en reniait aucune. Sans se désintéresser des fondations de ses origines et des traditions culturelles, mais sans les épouser non plus comme des absolus, les interrogeant sans jamais adhérer. Cela me paraît très actuel dans le monde où nous vivons : il n'y a que des étrangers et par conséquent nul n'est étranger.

Le jeu prépare l'enfant à devenir adulte.

Hager Karray* s'entretient avec Noureddine Hlaoui pour La Presse (Tunis, le 6 Avril 2007)

A quel âge l'enfant commence- t-il à jouer?

Dès les premiers mois de la vie, l'enfant est capable de jouer et Freud, décrivant le jeu de la bobine chez un enfant de 8 mois, a montré comment l'enfant qui prend un objet dans les mains va le jeter par-dessus son lit ou sa chaise puis attend de le retrouver (ce qui se fait grâce à l'intervention d'un adulte) pour le jeter à nouveau. Ce jeu se répète inlassablement et l'on remarque la jubilation qui s'inscrit sur le visage de l'enfant lorsqu'on lui tend à nouveau l'objet. Ce jeu, que l'enfant a inventé, est extrêmement important pour lui car il manifeste, dans le fait de faire disparaître l'objet et de le voir réapparaître, ce qu'il vit au quotidien lorsque sa mère le quitte et qu'elle le laisse seul. Le plaisir de retrouver l'objet qu'il a jeté montre que l'enfant a surmonté son angoisse de séparation avec elle, et qu'il est désormais capable d'anticiper son retour.

Penser le travail, une urgence politique [Vidéo]

Sonya Faure et Thomas Lacoste | Mouvements |   14 mars 2007

Que se cache-t-il derrière le retour en force de la valeur travail dans les discours des candidats à la présidentielle ? Les réponses de Christophe Dejours, psychanalyste, dépassent le cadre des présidentielles 2007 et touchent tant à la construction de l’identité des individus qu'à la bonne marche de la cité.

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