Prof. Dr Freud
Vienne ix, Berggasse 19
27.iii, 1926
Cher Docteur,
Je vous remercie pour votre rapport détaillé sur la discussion de la [ Laienfrage ] question [ (de l’analyse) ] laïque* [ (Laienanalyse ) ] dans la Société [ (psychanalytique de Vienne) ]. Rien n’y fera varier ma prise de position. Je ne demande pas que les membres se lient à mes vues, mais je représenterai celles-ci sans retouche, tant en privé qu’en pleine lumière et devant les tribunaux, même si je devais rester seul. Actuellement il reste toujours plusieurs d’entre vous à me soutenir. Je ne ferai pas une affaire du différend avec les autres, aussi longtemps qu’il pourra y être paré. La cause s’accroîtrait-elle en implications, j’utiliserai certainement une telle occasion, sans affecter par ailleurs nos relations [ (habituelles) ], d’abandonner ma présidence de la Société qui n’est plus actuellement que nominale [ (Paul Federn faisait fonction de président) ]. Le combat pour l’analyse laïque [ Laienanalyse ] devra à quelque moment être mené jusqu’au bout. Le plus tôt sera le mieux. Tant que je vivrai, je m’opposerai à ce que la psychanalyse soit engloutie par la médecine. Il n’y a naturellement pas de fondement à faire mystère devant les membres de la Société de ces propos que je tiens.
Bien cordialement à vous
Freud.